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Par amour pour le village, où l’on relâche les plus gros poissons.

Chaque année, au mois de décembre, Alain et Philippe Oberson (image) sortent sur le lac de Neuchâtel, mais pas pour ramener les plus gros poissons. Ils récoltent le caviar de palée, si rare. Il est extrait des frayères des palées. Les poissons, indemnes, sont ensuite relâchés. Ceci requiert une technique particulière, que les frères Oberson ont perfectionnée pendant des décennies.

Bon pour les gourmets, et mieux encore pour la progéniture des poissons dans le lac: lorsqu’Alain et Philippe Oberson «traient» les palées, ils ne le font pas en premier lieu pour récolter le caviar. Ils extraient les œufs d’un mouvement fluide, avec pour but d’élever des poissons, qui seront lâchés au printemps. Seuls les œufs qui n’arrivent pas à maturité sont transformés en caviar par un procédé complexe. Les deux pêcheurs produisent ainsi à peine 10 kilogrammes par saison, qui sont si prisés qu’il faut se dépêcher pour en avoir.

Les hivers plus doux ainsi que les outils techniques comme le GPS, les sonars et les treuils automatiques facilitent la récupération des filets. Le métier de pêcheur est devenu plus simple qu’il y a encore quelques décennies. Nonobstant, les recettes ces trois dernières années étaient nettement inférieures aux résultats record des années 2014 à 2016. La population de poissons dans le lac de Neuchâtel souffre d’un manque de nourriture ainsi que d’une colonie croissante de cormorans. Ces oiseaux malins ont vite compris que les meilleures proies se trouvent là où flottent les bouées des filets de pêche.

Après la pêche, mais avant le travail: le poisson frais est fileté par Philippe et Alain Oberson dans le hangar à bateaux, puis les morceaux choisis sont fumés dans les copeaux de frêne. Cet affinage par fumage connaît une tradition particulière sur les rives du lac de Neuchâtel: autrefois, les pêcheurs attrapaient souvent dans leurs filets des féras jaunâtres, poissons très gras et immangeables, saufs fumés. Aujourd’hui, cette espèce n’existe plus, mais la tradition a perduré.

(Presque) directement du lac au magasin Volg: la gérante Caroline Tanner se réjouit particulièrement des livraisons directes des frères Oberson. La demande en poissons frais ou fumés de l’assortiment «Délices du village» est très grande au magasin Volg d’Onnens. Il n’est pas rare que les spécialités livrées tôt le matin ont toutes disparu à midi. Voilà pourquoi Alain et Philippe Oberson sont fans de Volg.

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